Je ne me prendrais pas pour Dieu ?... je ne me prendrai pas pour Dieu. Pourtant n’appelle-t-on pas aussi le « Tout puissant » le « Grand Architecte » ? A quel point mes confrères inconscients de leur choix d’étiquette ne se sont-ils pas affublés eux-mêmes d’une telle tache, d’une telle mission ?... Tout ce que je peux dire, c’est que je ne me prendrai pas pour Dieu et c’est pour une autre raison que j’affuble moi-même cette page d’un extrait de fresque bien connue, trop reconnue, mais finalement à l’histoire beaucoup trop méconnue.
Deux mains et vous pensez déjà à « machin »… Ah oui, c’est vrai, comment il s’appelle déjà… euh… Michel Ange, c’est ça Michel Ange. Vous imaginez dans un profond brouillard culturel la continuité de la fresque, ne sachant plus pour quel paquet de café, pour quelle illustration de boite d’intérim le beau et fabuleux publiciste apte à détrôner Monsieur Séguéla en la personne de Michel Ange a réalisé ce dessin, cette peinture… Là, vous souriez, vous rigolez, vous pouffez car vous savez que Michel Ange n’est pas un publicitaire mais bien un peintre du « X… » Combien de bâton avant ou après le « V » déjà ? Allez, je vous aide : du XVIe. Cela dit, il faudra aussi apprendre à pouffer quand il y a à pouffer puisque je suis on ne peut plus sérieux quand je dis de Michel Ange qu’il est un concurrent direct de notre Séguéla national. La représentation picturale dans les lieux Saint est le premier moyen qu’ont trouvé nos bon vieux curés pour diffuser leur bonne parole, faire leur publicité de la bible et de son histoire à nous petit peuple inculte qui ne savions lire. Longtemps même ils se sont accaparés l’iconographie à leur seul fin, toute image réalisée dans un autre but devenant profane, vade retro satanas !... En 1532, pour en revenir à notre petite histoire, le pape Clément VII demande donc à notre Michel qui n’a rien d’un Ange d’illustré la dernière cathédrale construite sous les ordres de son prédécesseur Sixte IV (d’où le nom de la « Sixtine »)… après quelques tribulation et la mort du pape en cours, Michel s’y met. Il utilise à cette fin la technique de représentation « à fresque » de l’italien « fresco » qui veut dire frais, puisque effectivement, cette technique consiste à appliquer des pigments de couleur sur un enduit de chaux éteinte encore humide et frais. Les pigments s’incorporent donc pleinement dans la matière les rendant plus intemporelle qu’une simple application de peinture, et les couleurs définitives ne se révèlent qu’une fois cet enduit parfaitement sec. On imagine alors la difficulté de l’artiste à concevoir une image en polychromie dont il ne perçoit lui-même pas la couleur définitive lors de sa réalisation. Michel était donc un géni de la fresque c'est-à-dire de la technique à fresque. Quand on sait aujourd’hui que le moindre tag sur un mur est appelé une fresque, je pouffe, je pouffe… mais vous, vous ne devriez pas en faire de même car c’est aujourd’hui que s’applique sur « la toile » l’iconographie indicible d’un formatage religieusement culturel de votre pensée à travers les plateformes blogiennes notamment. Comme la technique à fresque, les couleurs ne s’en révéleront que plus tard, quand il sera trop tard. En attendant, amies caissières, devenez donc des stars !... Et surtout ne remettez pas en cause le fait que vous devenez vous-même une simple étiquette sur un produit marketing propre à générer des recettes publicitaires à travers vos vies dégénérées et magnifiées. Et mon Ange dans tout ça ?... Mon Ange n’avait rien d’un ange. Mon Ange connait dès le plus jeune âge l’abus et la perversion à son encontre de la part de ceux qui l’ont élevé et qui l’ont fait grandir, souvent ce seront même les représentants de sa Sainte Mère l’église qui viendront se faire lisser le cierge entre les dents de notre très jeune et futur géni … ça les livres d’histoire en parlent beaucoup moins, bien qu’ils parlent sans plus d'explications, de son gout affirmé et immodéré pour les Pères version sexuelle dès l’âge de 13 ans. Et comment entendre et comprendre le fait qu’à l’âge de quinze ans, il s’intéresse de près et de manière morbide au corps humain qu’il étudie et dissèque à l’hôpital de Florence… au-delà de l’art, Michel était bien devenu pervers au milieu des pervers et au-delà de l’Au-delà il en a fait son art. Ainsi, quand le bon pape lui commanda l’illustration liturgique que vous savez, Michel Ange en profita pour transformer ce plus célèbre message pieux et publicitaire en œuvre profane pour les siècles et les siècles, Amen. Grace à la technique à fresque, il a scellé dans la Sainte Pierre l’image du pêché en plein cœur de l’église propriété du Vatican, à travers la représentation de « La création d’Adam ». Regardez, regardez attentivement le tibia d’Adam : dans celui-ci s’inscrit le corps d’une femme. Cette image a été révélée il y a une bonne vingtaine d’année lors de la restauration de cette fresque, lorsqu’on lui a enlevé la poussière des siècles et des siècles incrustée... (Satanée poussière, quand tu nous tiens !…) C’est bien une silhouette de femme nue qui s’inscrit dans la jambe d’Adam. Dieu a donc créé l’homme de la tête aux pieds à son image, celle de la perfection et la femme en même temps quand il est passé par le tibia. Dieu est donc par la même le créateur du péché. Tel est le message diffusé par la main de l'artiste et publicitaire du futur, Michel Ange : Dieu est le Diable. Si vous avez l'esprit à saisir tout cela, vous pourrez voir alors sur cette image une troisième main, certainement celle du seul véritable créateur. Ce n'est ni celle de l'Homme, ni celle de Dieu, mais celle de l'artiste qu'il nous laisse deviner dans le seul vide, dans la seule tension qui sépare les deux index et qui symbolise la création ex-nihilo.
Tout comme ce que vous savez déjà, vous saurez alors que la culture est également un plat qui se mange froid, ou à fresque: c'est de saison … Qui parlait de « recette » ?...
