D’abord je remercie « je ne sais qui » pour m’avoir permis d’intégrer une communauté, celle que vous trouverez à ce côté. Je pense que ce n’est peut-être pas la communauté idéale pour n’importe quel quidam, mais accepter d’être là et l’assumer, c’est assumer en effet mon reflet. Je tacherai donc de m’y tenir avec respect en égard à celle ou celui qui m’y a accueilli, à celles ou ceux qui partagent en quelque sorte « la même maison » même si ce ne sont pas les mêmes pièces d’habitations.
J’ai percé ma bulle. Enfin, c’est ce que je ressens. Avec beaucoup d’inconfort, finalement. Depuis ces quelques mois passés, j’emplissais, j’emplissais ma vie de 7 heures à 19 heures me concentrant de plus en plus sur mon quotidien, rien que mon quotidien jusqu’à oublier, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, de ce qui me dérangeait. Parce qu’au fond de moi, je suis dérangé, bousculé, certainement pas à ma place. Ça, je crois le savoir. Je crois ne pas me tromper. Derrière mon assurance de chef de chantier, de chef de projet infaillible champion toutes catégories au pays de Légoland, je monte un mur devant le pan de mes incertitudes, des mes erreurs je devrais dire, je dois dire. J’ai percé ma bulle, tout s’est vidé sans que je m’en rende compte et puis là, je me retrouve à poil, tel que je suis, tel que j’ai été, avec ce que j’ai fait. J’en ai pris effroyablement conscience ce weekend, quand d’un clic à un autre sur over-blog, je me suis retrouvé sur le Chat de la plateforme. Des personnes sont là bien vivantes, en direct live et me parlent simplement à moi : wqaxszcdevfr qui raconte ici ce que je suis comme personne ne le sais, dans la « vraie » vie. Alors la vraie vie devient ici. Renfermé, éteint, gris ou aigri selon le regard d’autrui, j’ai créé la bulle de ma vie. Je me protège, de moi-même, du regard des autres sur le « moi-même » qu’ils ne connaissent pas et qu’ils pourraient découvrir d’un simple regard quand je sais que je peux réussir à mentir, mais uniquement les yeux fermés. Ici, la bulle est crevée, la protection annihilée parce que je l’ai décidé et assumé. Peut-être que le plus dur sera de continuer et de ne pas disparaître aussi discrètement que je suis arrivé, sur la pointe des pieds. Maintes fois j’ai essayé, j’ai commencé et puis n’y suis pas arrivé, à raconter. Raconter quoi ? Un immense chantier de démolition qui a démarré au moment même où je pensais que normalement, c’est à cet instant précis que j’allais commencer à construire ma vie. A quoi bon ?... (C’est vrai que j’aurais tendance aussi à n’être plus qu’un aquoiboniste, c’est facile et c’est léger). Peut-être pour prévenir de la souffrance qu’engendre un tel parcours. Peut-être pour prévenir des espérances qu’il ne faut pas tenir pour ne pas connaître les désillusions qui les accompagnent. Le pire étant certainement la souffrance et la désillusion que je peux lire dans le regard de ceux qui m’ont accompagné malgré moi dans ce parcours de vie.
Voilà, difficile d’en dire plus. Toujours difficile d’en dire plus finalement. Pardonnez moi d’en dire parfois autrement plus, ce n’est que pour tenter de noyer ce que je n’ai pas envie de dire.